Mes cours de philosophie. Ordre ou désordre? Maryse Emel

L'antiphilosophie risque, par sa stérilisation et le tarissement à la source, de fabriquer une génération d'abrutis manipulables et parfaitement dociles, incapables non seulement de réagir, mais de comprendre l'enjeu" V.Jankelevitch

Est-il possible de désirer l’impossible ?

Publié le 8 Avril 2014 par maryse.emel in désir

Pour DISSERTER  il faut découvrir un paradoxe. Cette dissertation tentera d'éclaircir cette notion, indispensable à la mise en place du problème


Il s'agit dans un premier temps de faire surgir le paradoxe, ce qui surprend, semble aller contre l'opinion commune, mes certitudes: ce qui dérange. 

Ici par exemple on peut penser au fait que ce sont les parents qui disent souvent: ne désire pas l'impossible. Ils représentent la règle morale, le réel...

Donc ce sujet confronte le discours de la morale à celui du désir. La morale fixerait les normes du réel...Mais c'est parce que l'homme se hisse à l'impossible qu'il peut s'accomplir dans son être: pensons au risque que prend Icare. Il va jusqu'au bout de son désir aux dépens de sa vie, mais il trouve la joie.

Donc ce paradoxe,  il faut le faire bouger, par un travail de définition des mots du sujet et de ses présupposés...Il peut aussi manquer un terme qui en apparaissant réduit le paradoxe.


La question s'éclaircit:: l'objet du désir peut-il échapper au réel?...comme dans le cas d'Icare. A  moins que tous les désirs rejoignent le désir d'Icare, et que pour être désirs  ils ne portent sur rien d'autre que sur l'impossible, comme condition du réel. Ceci pour l'être du désir. Quant aux règles morales qui définiddent le possible et l'impossible, nous nous demanderons où elles se situent, pour ne pas rendre le désir impossible..    
Construisons le problème:
Est-il possible de désirer l’impossible ?
En effet,  "peut-on" dans l'intitulé du sujet, renforce le paradoxe de la question. Peut-on, c'est est-il possible...? Est-il possible de désirer l'impossible? Etrange formulation, paradoxale, du fait de l'emploi du mot possible, et de celui d'impossible. Si c'est impossible, on aurait tendance à croire que c'est absurde de croire que cela soit pensable.
A priori désirer l’impossible semble impossible pour le désir…Désirer quelque chose qui n’a aucune chance de se réaliser semble en effet totalement insensé. C’est absurde en fait tant que l’on suppose que le désir doit porter sur une réalité tangible…..tant que l’on conçoit que le désir a un objet réel, qu’il a un objet. Cela nous amène à réfléchir la nature de cet objet sur lequel porte le désir.
Quand je désire un jouet, une femme, une voiture et que j’obtiens ce que je désirai, un autre désir renaît sur l’oubli du désir précédent. Le désir a-t-il  alors, vraiment un objet ? Et que penser alors de cet impossible ? C'est un objet inaccessible mais la lassitude du désir, jamais satisfait pourrait signifier qu'il est en quête de l'impossible satisfaction. Ne serait-il pas plutôt absurde de croire que le désir a un objet ? L’impossible ne serait-il pas inscrit en creux du désir ?

Enfin qui juge de l'impossibilité? celui qui désire ou celui qui est en dehors du désir? Quand quelqu'un nous dit que  nous désirons l'impossible, il y a derrière ces propos un verdict moral. Qui alors fixe les limites, et la morale est-elle la seule à comprendre cet impossible?

D'abord revenons sur ce qu'est le désir: 

et pour cela mettons en place des distinctions:
  • le désir n'est pas le besoin. : le besoin est vital, ne pas le satisfaire c'est périr. Ainsi si je ne mange pas, je ne resterais pas en vie bien longtemps.Le besoin appartient à la nature animale. Il ne cherche nullement l'impossible, car ce serait tout à fait insensé.Il est nécessaire de combler le besoin, alors que ce n'est pas le cas du désir. On peut vivre même si on n'obtient pas l'objet de nos désirs.
  • le désir n'est pas le caprice : le caprice est éphémère et variable; nullement réfléchi

Le désir est compatible avec la nécessité du destin, terme employé ailleurs par Epictète. Il y a des choses qui ne dépendent pas de nous et il faut accepter le fait que les lois de la nature ne puissent pas être autrement.. L'homme obéit à des lois naturelles comme par exemple sa taille, la couleur de ses cheveux.ou sa peau. Désirer que les lois changent c'est insensé. Le caprice aucontraire croit au nom d'une fausse conception de la liberté que tout est possible...

D'où sa folie.C'est de cette affirmation que nous partirons,. Sommes nous fous, déraisonnables, si nous désirons l'impossible? Peut-on se satisfaire d'une liberté qui s'associe à une nécessité, qu'Epictète appellera "Destin"? source

Pour Epictète la réponse est claire on ne peut désirer l'impossible, du fait de notre appartenance à l'ordre du monde et ses lois. L'impossible ici est ce qui est en contradiction avec le réel. En même temps la liberté se voit réduite. Pas question de parler de libre-arbitre.

Pour DISSERTER il faut découvrir un paradoxe. Cette dissertation tentera d'éclaircir cette notion, indispensable à la mise en place du problème

Il s'agit dans un premier temps de faire surgir le paradoxe, ce qui surprend, semble aller contre l'opinion commune, mes certitudes: ce qui dérange.

Ici par exemple on peut penser au fait que ce sont les parents qui disent souvent: ne désire pas l'impossible. Ils représentent la règle morale, le réel...

Donc ce sujet confronte le discours de la morale à celui du désir. La morale fixerait les normes du réel...Mais c'est parce que l'homme se hisse à l'impossible qu'il peut s'accomplir dans son être: pensons au risque que prend Icare. Il va jusqu'au bout de son désir aux dépens de sa vie, mais il trouve la joie.

Donc ce paradoxe, il faut le faire bouger, par un travail de définition des mots du sujet et de ses présupposés...Il peut aussi manquer un terme qui en apparaissant réduit le paradoxe.

La question s'éclaircit:: l'objet du désir peut-il échapper au réel?...comme dans le cas d'Icare. A moins que tous les désirs rejoignent le désir d'Icare, et que pour être désirs ils ne portent sur rien d'autre que sur l'impossible, comme condition du réel. Ceci pour l'être du désir. Quant aux règles morales qui définiddent le possible et l'impossible, nous nous demanderons où elles se situent, pour ne pas rendre le désir impossible..

Commenter cet article