Mes cours de philosophie. Ordre ou désordre? Maryse Emel

L'antiphilosophie risque, par sa stérilisation et le tarissement à la source, de fabriquer une génération d'abrutis manipulables et parfaitement dociles, incapables non seulement de réagir, mais de comprendre l'enjeu" V.Jankelevitch

agir, c'est déclencher des processus...Historicité de l'homme

Publié le 23 Mars 2013 par maryse.emel in agir

« Les actions humaines, si elles ne sont pas conservées dans le souvenir, sont les choses les plus fugaces et les plus périssables sur terre ; elles ne durent guère plus longtemps que l'activité elle-même et certainement par elles-mêmes ne peuvent jamais prétendre à cette permanence que possèdent jusqu'aux objets d' usage ordinaires quand ils survivent à leur fabrication pour ne pas parler des œuvres d'art, qui nous parlent par-delà les siècles. L'action humaine, projetée dans un tissu de relations où se trouvent poursuivies des fins multiples et opposées, n'accomplit presque jamais son intention originelle ; aucun acte ne peut jamais être reconnu par son auteur comme le sien avec la même certitude heureuse qu'une œuvre de n'importe quelle espèce par son auteur. Quiconque commence à agir doit savoir qu'il a déclenché quelque chose dont il ne peut jamais prédire la fin, ne serait-ce que parce que son action a déjà changé quelque chose et l'a rendue encore plus imprévisible. C'est cela que Kant avait en tête quand il parlait de la « contingence désolante » (trostlose Ungefähr) qui est si frappante dans le cours de l'histoire politique. « L'action : on ne connaît pas son origine, on ne connaît pas ses conséquences : - par conséquent, est-ce que l'action ne possède aucune valeur? Les vieux philosophes n'avaient-ils pas raison, et n'était-ce pas folie d'espérer voir surgir aucun sens du domaine des affaires humaines ? » [ H. ARENDT, «La Crise de la Culture», Ed. Gallimard, col. Folio Essais, n°113 ]

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