Mes cours de philosophie. Ordre ou désordre? Maryse Emel

L'antiphilosophie risque, par sa stérilisation et le tarissement à la source, de fabriquer une génération d'abrutis manipulables et parfaitement dociles, incapables non seulement de réagir, mais de comprendre l'enjeu" V.Jankelevitch

Comment lire le cours de philosophie ?

Publié le 27 Décembre 2010 par maryse.emel.blogphilo.over-blog.com in lire le cours...

 

 "ce recueil de réflexions et d'observations,sans ordre,et presque sans suite..."  Rousseau Emile

 

 

faire du lecteur quelqu'un d' actif, dérangé, provoqué, obligé de réfléchir par lui-même.

 

lisons Pascal:

 J'écrirai ici mes pensées sans ordre, et non pas peut-être dans une confusion sans dessein. C'est le véritable ordre, et qui marquera toujours mon objet par le désordre même.

Je ferai trop d'honneur à mon sujet, si je le traitais avec ordre, puisque je veux montrer qu'il en est incapable.  (fr. 457)

 

 La nature de l’homme n’est pas d’aller toujours. Elle a ses allées et venues.  (fr. 61)

 

 

Dans l’introduction il fut surtout question de mettre en place la démarche philosophique. Entreprise d’abord sceptique, de méfiance à l’égard des certitudes, le désir de savoir consiste d’abord à admettre le non savoir, c'est-à-dire sa propre ignorance. En cela Socrate est le modèle à suivre, non pas celui qu’il faut copier, mais celui qui donne la mesure de l’exercice de la réflexion…

Il ne s’agit donc pas en cours de délivrer une parole incontestable ou un savoir à mémoriser..le cours doit former l’élève à la réflexion. C’est bien pourquoi ce cours est une réflexion en acte et pas simplement une compilation de dogmes à ingurgiter.

Une telle démarche est ambitieuse et part du principe que l’élève est capable de penser afin de s’élever et de dépasser son statut de mineur.

 

 

Je ne dois jamais rien apprendre par cœur, cela ne sert strictement à rien. Relisez cette phrase qui vous semble peut-être hallucinante, elle est capitale.
Certains élèves ont des habitudes étranges : ils recopient leur cours de philosophie sur une fiche, soulignent un peu ou beaucoup, mettent de la couleur, et apprennent par cœur. Malheureusement, une dissertation n’est pas une récitation, un commentaire non plus. D’autres vont consulter des annales et des corrigés, et vont se mettre des plans, des introductions et des phrases type de philo en tête. Malheureusement, un sujet de philo est parfaitement unique, deux sujets qui se ressemblent ne sont jamais les mêmes. La probabilité de tomber sur un extrait de texte déjà étudié, est quant à elle, infiniment petite.
Autrement dit, ce mode de travail de la philo est exactement ce que nous cherchons à éviter à tout prix.

Il faut tout le temps réfléchir, et ne pas subir son cours de philo comme un robot passif, qui va l’ingérer, le recopier, l’apprendre par cœur, le réciter. Si vous souhaitez réussir au bac de philo (et c’est nettement plus simple qu’on ne le croit), il faut penser. Sortir du cycle tout beau des fiches colorées, se faire violence, et réfléchir, se poser des questions. Y prendre goût. Si, si, c’est possible (et c’est facile) de prendre goût à la philosophie en terminale.

 

A ce titre le cours est à comprendre comme un exemple de pensée en acte…on n’attend pas que vous reproduisiez la même mais que vous réfléchissiez par vous-même à partir de ce cours…que vous vous l’appropriez en le réécrivant.

 

 

Sinon, voici la démarche pour faire des fiches de révision de philo à partir de vos notes :


1. Identifiez l’essentiel. Vous avez votre cours de philo entre les mains : lisez-le, arrêtez-vous à chaque fois que ce n’est pas clair, relisez, et ainsi jusqu’à ce que tout le chapitre vous apparaisse très clairement. Oui, cela demande de la concentration, et un peu de temps (se concentrer = éteindre toute source de bruit, s’isoler, ne pas être sur facebook ou twitter, mettre son portable en silencieux à l’autre bout de la pièce).
Une fois qu’il est bien clair, reprenez – dans votre tête ou à voix haute – les mouvements principaux du cours de philo : ne récitez pas mais 
expliquez. Expliquez-vous à vous même le cours. En quelques mots ; puis recommencez, à chaque fois en supprimant des phrases, en ne disant que ce qui est essentiel pour comprendre, en supprimant encore et encore pour ne conserver que l’idée de base.
En philosophie, il y a toujours une idée de base, essentielle, et un nuage autour. Vous devez répéter le raisonnement et tailler ce nuage petit à petit ; à chaque fois que vous énoncez une idée, demandez-vous quelles sont les phrases, parties de phrase, mots, que l’on peut retirer, tout en gardant le sens de l’idée. Quand vous ne pouvez plus rien enlever, quand il vous reste une, deux, trois phrases ou un mot, vous avez identifié l’essentiel.

2. Articulez l’essentiel. Lorsque vous avez identifié toutes les idées et raisonnements de base, vous devez coucher cette sublime synthèse de manière claire sur le papier. Votre fiche doit mettre en évidence d’un seul coup l’intégralité et la cohérence du raisonnement philosophique.
La philo, c’est simple : votre fiche doit être simple. Quelques points qui se succèdent, des flèches qui indiquent le sens du raisonnement ou la causalité, un schéma récapitulatif ou un tableau : voilà les éléments que vous devez atteindre.

3. Notez les citations. En fin de fiche, lorsque vous avez expliqué en quelques mots, avec vos expressions et schémas, le raisonnement, vous devez noter les deux, trois citations du cours de philo. Mettez les en-dessous, et apprenez les par cœur. Il doit sembler évident que ces citations expriment l’idée expliquée au-dessus.

 

Trois grands axes gouvernent le cours :

 

  1. la clarification de la démarche philosophique et donc la délimitation de son champ. On pourrait appeler ce premier moment, que puis-je savoir ? (philosophie et mythe, philosophie et sciences, philosophie et littérature, le langage du savoir et le langage du pouvoir, rhétorique persuasive et discours de la conviction, savoir et croyance, les vérités et la certitude, force et limites de la démonstration…)
  2. que dois-je faire ? ou la question de la liberté à partir de l’examen de tout ce qui fonde cette liberté humaine..(travail, culture, art, technique,…)
  3. que m’est-il permis d’espérer ? (morale, bonheur, le temps, le désir, autrui, le sujet et la conscience..) 

 

toutes ces questions renvoient plus fondamentalement à une définition à produire de l’homme…

 

 

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