Mes cours de philosophie. Ordre ou désordre? Maryse Emel

L'antiphilosophie risque, par sa stérilisation et le tarissement à la source, de fabriquer une génération d'abrutis manipulables et parfaitement dociles, incapables non seulement de réagir, mais de comprendre l'enjeu" V.Jankelevitch

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Publié le 28 Mars 2012 par maryse.emel in cinéma et philo

 

http://www.cineclubdecaen.com/realisat/mankiewicz/comtesseauxpiedsnus.htm

la Comtesse aux Pieds Nus

 

Dans un cimetière de la Riviera italienne par un jour de grande pluie, on enterre la star hollywoodienne Maria d'Amato née Maria Vargas

Dans un premier récit, Harry Dawes, scénariste et réalisateur qui dirigea les trois films de la brève et fulgurante carrière de Maria fut aussi son ami et un peu son psychanalyste, se remémore sa première rencontre avec elle dans une taverne de Madrid où elle dansait et où elle fut engagée par le producteur Kirk Edwards.

Dans un second récit, Harry se rappelle qu'il avait protégé la carrière de Maria en invitant quelques producteurs à la première projection des rushs de Maria qui avait impressionné tout le monde mais dont la carrière aurait ou être anéanti par la perversité de son producteur.

Dans un troisième flash-back, Oscar Muldoon, le public relation du producteur, se souvient du procès du père de Maria qui avait tué sa mère et que Maria avait défendu, chargeants a mère. Contrairement à tous les pronostics, cette déclaration courageuse et sincère avait décuplé sa popularité

Dans un quatrième flash-back, Harry se rappelle la rupture entre Kirk et Maria, celle-ci suit alors un milliardaire chilien, Alberto Bravano.

Dans le cinquième flash-back, Oscar Muldoon qui avait accepté l'offre d'emploi de Bravano se souvient que Maria ne s'était pas plus donné à Bravano qu'à Kirk et qu'elle avait des relations clandestines et brèves avec des hommes qui ne comptaient pas dans a vie.. La vie qu'elle mène avec Bravano, égoïste et mondain se dégrade et alors qu'un soir celui-ci l'insulte un étranger au groupe, le comte Torlato-Favrini s'approche de Bravano et le gifle et sort au bras de Maria.

Dans le sixième flash-back Torlato-Favrini fait le récit de sa rencontre avec maria et notamment de sa vision, par hasard de Maria dans un camp de gitan avant al soirée au casino.

Dans le septième récit, Harry raconte l'échec du mariage entre Maria et le comte du à une blessure de guerre qui a rendu celui-ci impuissant.: ne pouvant rester sans amant, Maria est découverte par le comte qui la tue. Dans un ultime retour au cimetière, le comte repart entre deux gendarmes sous l'œil de Dawes. Demain celui-ci retourner un autre film. Le travail et le cinéma continuent.

Mankiewicz dessine en même temps le portrait d'un personnage et d'une société, ou plutôt de trois petites sociétés, de trois microcosmes : le cinéma hollywoodien, un groupe d'errants et d'exilés richissimes menant sur la Riviera une vie fascinante et dérisoire, enfin le palais d'une grande famille aristocratique italienne en voie d'extinction. Ces trois mondes sont placés sous le signe d'une certaine décadence subtilement modulée d'un décor à l'autre : la barbarie et les faux-semblants le disputent à l'exquise pourriture d'une civilisation en décomposition, déjà entrée dans la mort. Traversant ces mondes, il y a la figure de Maria, héroïne d'une beauté irréelle, inaccessible et faussement sereine, qui veut se prouver à elle-même qu'elle est libre. Mais cette liberté n'engendrera pour elle que frustration et tragédie.

Le récit est partagé en septflash-backracontés par trois narrateurs (Harry, 1,2,4,7 Oscar 3,5 et Torlato-Favrini 6). En superficie La comtesse adopte la même méthode pour décrire le monde du cinéma queEvepour décrire celui du théâtre. Les différences entre les deux films sont toutefois plus importantes que leur ressemblance. Les multiples témoignages contenus dans les flash-back de la comtesse, qui n'expriment pas des points de vue radicalement différents, ne cherchent pas non plus à cerner une vérité psychologique et sociale sur un plan d'exactitude, disons policière, comme le faisait la narration en forme d'enquête d'Eve. Leur raison d'être est de dessiner autour d'une vérité proprement insondable (le cœur de Maria) des arabesques poétiques, nostalgiques et diversement lyriques, qui aboutissent toutes à ce chant funèbre qu'est profondément le film.

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