Mes cours de philosophie. Ordre ou désordre? Maryse Emel

L'antiphilosophie risque, par sa stérilisation et le tarissement à la source, de fabriquer une génération d'abrutis manipulables et parfaitement dociles, incapables non seulement de réagir, mais de comprendre l'enjeu" V.Jankelevitch

Hume et l'éducation

Publié le 27 Mai 2012 par maryse.emel in education


Nous pouvons observer que cette uniformité du genre humain n’empêche pas qu’il y ait beaucoup de diversité dans les sentiments de beauté et de valeur, et que l’éducation, la coutume, le préjugé, le caprice et l’humeur modifient fréquemment notre goût. Vous ne convaincrez jamais un homme à qui la musique italienne n’est pas familière et dont l’oreille n’est pas habituée à suivre les complications de cette musique, qu’un air écossais n’est pas préférable. Vous n’avez même pas un seul argument, autre que votre goût, que vous puissiez employer pour soutenir votre cause : et votre adversaire trouvera toujours en son goût personnel un argument plus convaincant en faveur de l’opinion contraire. Si vous êtes sages, chacun de vous accordera que l’autre peut avoir raison et comme il y a de nombreux exemples de cette diversité de goût, vous reconnaîtrez ensemble que beauté et valeur sont purement relatives et dépendent d’un sentiment agréable produit par un objet dans un esprit particulier conformément à la constitution et à la structure propre de cet esprit. 

Hume

 

Du Luxe

1752

Traduit de l'Anglais par Melle de La Chaux

In

Mélanges d’économie politique, Volume I

Par Eugène Daire et G. de Molinari

Paris

Chez Guillaumin et Cie libraires,

Rue Richelieu, n°14.

1847

 

 

 

Texte numérisé par Philippe Folliot,

Professeur de philosophie au lycée Ango de Dieppe.

2009.

(extrait)

On convient communément que le bonheur de la vie consiste dans l'action, le plaisir et le repos ; leur union est nécessaire en différentes proportions, suivant la diversité des caractères, et tout homme qui en est entièrement privé ne peut être estimé heureux. Le repos ne paraît pas par lui-même pouvoir contribuer beaucoup à notre satisfaction; mais, semblable au sommeil, il est nécessaire à la faiblesse humaine incapable de soutenir une continuité non interrompue de plaisirs et d'affaires. Cette ardeur, qui tire l’homme de lui-même, et qui constitue principalement la jouissance, épuise son esprit et exige des intervalles de repos ; et ce même repos, agréable pour un moment, engendre, s'il est prolongé, une langueur et un engourdissement incompatibles avec le bonheur. Il faut avouer que l'éducation, la coutume et l'exemple ont une grande influence pour déterminer les désirs des hommes, et qu'ils contribuent beaucoup à leur bonheur, lorsque, dès les premières années de la vie, ils leur inspirent du goût pour les plaisirs et pour les affaires. Dans les siècles où l'on voit fleurir les arts et l'industrie, les hommes sont continuellement occupés, et l'occupation elle-même n'est pas moins leur récompense que les plaisirs que leur procure le produit de leur travail. L'esprit acquiert par l’occupation une nouvelle vigueur; il augmente son pouvoir et ses facultés, et l'homme se trouve en état, par son assiduité au travail, de satisfaire à la fois ses vrais besoins, et de prévenir les désirs déshonnêtes que le loisir et l'oisiveté n'engendrent que trop souvent ; on ne peut bannir les arts de la société, sans priver les hommes de l'occupation et du plaisir. Le repos prend alors leur place, mais il cesse d'être agréable, parce qu'il ne le peut être que lorsqu'il succède au travail, et qu'il rétablit l'esprit épuisé par trop de fatigue et d'application. L'industrie et le raffinement dans les arts mécaniques produisent un autre avantage, (24) en ce que les arts libéraux font les mêmes progrès ; et il est impossible que les uns puissent être portés à quelque degré de perfection, sans que les autres ne s'en ressentent. Les siècles renommés par les grands philosophes, les habiles politiques, les guerriers fameux, et les poètes célèbres, abondent ordinairement en habiles fabricants et en constructeurs de vaisseaux. Il n'est pas vraisemblable que, chez une nation où l'astronomie est inconnue et la morale entièrement négligée, les manufactures y soient portées à leur point de perfection, et qu'il s'y fabrique des étoffes agréablement dessinées. Le génie du siècle se répand sur tous les arts, et l'esprit des hommes une fois sorti de sa léthargie, et mis, pour ainsi dire, en fermentation, embrasse tous les objets et perfectionne toute espèce d'arts et de sciences. Les hommes sortent alors de cette ignorance profonde où la nature les a fait naître, et sont des êtres vraiment raisonnables, c'est-à-dire qu'ils ont la capacité d'agir, de penser et de jouir des plaisirs des sens, en même temps que de ceux de l'esprit.

 

Les hommes deviennent plus sociables entre eux, à mesure que les arts se perfectionnent; ils ne peuvent plus supporter la solitude et la vie retirée, réservée aux nations barbares et ignorantes, lorsque leur esprit est enrichi de connaissances, et qu'ils sont en état de se les communiquer réciproquement; ils s'empressent alors d'aller habiter les villes, soit pour acquérir de nouvelles connaissances, soit pour faire part aux autres de celles qu'ils ont déjà acquises. Ils se plaisent à se faire remarquer par leur esprit et leurs connaissances, à briller dans la conversation par leurs talents, ou à être distingués dans la société par leurs habillements et leurs équipages. Les sages sont attirés dans les villes par la curiosité ; la vanité y entraîne les sots ; mais le plaisir y conduit les uns et les autres. Il se forme partout des sociétés particulières, où les deux sexes vivent ensemble avec bienséance et politesse; les hommes, si différents entre eux par leurs humeurs et leurs caractères, sont bientôt forcés de les contraindre pour se plaire réciproquement, et il est impossible que, devenus déjà meilleurs par le progrès des connaissances et des arts libéraux, ils ne sentent croître en eux-mêmes, par l'habitude de converser ensemble et de contribuer à leurs plaisirs réciproques, ce fonds d'humanité et de bienfaisance que la nature a gravé dans leur cœur. Les connaissances, l'industrie et l'humanité sont donc liées ensemble par une chaîne indissoluble, et la raison s'unit avec l'expérience pour nous démontrer qu'elles sont l'apanage des siècles renommés par le luxe et la délicatesse. Tous ces avantages sont tellement supérieurs aux inconvénients qui en peuvent résulter, qu'il serait superflu d'en faire la comparaison. Plus les hommes recherchent la délicatesse dans leurs plaisirs, moins ils se laissent aller aux excès répréhensibles; parce que ces excès sont le tombeau des vrais plaisirs. On peut assurer avec vérité qu'il y a bien plus de grossière gloutonnerie (25) dans les repas des Tartares, dont les festins consistent en viande de cheval, que dans les repas délicats des courtisans de l'Europe. Si l'amour illégitime et l'infidélité dans le mariage sont plus fréquents dans les siècles de luxe, l'ivrognerie, vice plus honteux et plus nuisible au corps et à l'esprit, s'y montre bien plus rarement. Je ne prendrai pas seulement Ovide et Pétrone pour juges de cette proposition, mais je m'en rapporterai à Sénèque ou à Caton. Nous savons que César ayant été obligé, dans le temps de la conspiration de Catilina, de remettre entre les mains de Caton un écrit qui ne laissait aucun doute de son intrigue galante avec Servilie, propre sœur de Caton, ce philosophe austère le lui jeta avec indignation, et l'appela dans l'aigreur de sa colère, ivrogne, expression qui lui paraissait plus injurieuse que celle dont il aurait eu plus de raison de se servir.

 

Les avantages résultants de l'industrie et du progrès des connaissances, ne sont pas seulement réservés pour la vie particulière et privée. Ils répandent leur favorable influence sur le public, parce que la grandeur et la puissance des États sont toujours dans la proportion du bonheur et de l'occupation des sujets. La société profite de l'accroissement des consommations de toutes les espèces de denrées et de marchandises qui contribuent aux plaisirs et aux commodités de la vie ; et, en même temps que cet accroissement des consommations multiplie les plaisirs innocents des citoyens, il est réellement un fonds de travail toujours subsistant parmi le peuple, et propre à être employé au service public dans les temps de nécessité. Chez toutes les nations, au contraire, où l'étroit nécessaire suffit, et dont les sujets sont sans désir pour les superfluités, les hommes vivent dans l'oisiveté, ne prennent aucune part aux plaisirs de la vie, et sont inutiles au public, qui ne peut tirer aucun secours, pour l'entretien de ses flottes et de ses armées, de sujets paresseux et indolents.

 

(…)Il s'en faut beaucoup que l'Angleterre ait perdu de sa liberté depuis l'introduction du luxe et des arts; elle en a au contraire étendu les droits. Si la corruption paraît prévaloir depuis quelques années, on doit l'attribuer principalement à l'établissement solide de la liberté, dont l'heureux effet est d'empêcher nos princes de gouverner sans parlement, et de les mettre hors d'état d'intimider ces mêmes parlements par le fantôme de leur prérogative. D'ailleurs, la corruption ou la vénalité reprochée au peuple anglais existe bien plus parmi les électeurs que parmi les représentants, et ne peut par conséquent être raisonnablement attribuée aux délicatesses et aux raffinements du luxe.

 

            Les arts et le luxe, considérés dans leur véritable point de vue, doivent paraître favorables à la liberté ; et s'ils ne suffisent pas seuls pour affranchir les peuples de la servitude, ils contribuent du moins à la conservation de la liberté, et les mettent à l'abri du malheur de la perdre. En effet, lorsqu'on observe avec attention les nations grossières et sans police, où les arts sont inconnus, on y voit la culture de la terre être l'unique travail et la seule industrie du peuple. Les (29) habitants n'y sont partagés qu'en deux classes, l’une composée des propriétaires des terres, et l'autre de leurs vassaux ou fermiers. Ces derniers, ne possédant aucunes richesses, naissent nécessairement dans la dépendance, et sont élevés dans l'esclavage et dans la soumission ; l'ignorance entière et absolue de toute espèce d'arts, dans laquelle est plongée la nation, les empêche même d'en être considérés par leur habileté dans l'agriculture. Les premiers, c'est-à-dire les propriétaires des terres, s'érigent naturellement, dans ces pays barbares, en petits tyrans, et sont forcés, pour le maintien de l'ordre et de la tranquillité publique, de se choisir parmi eux un souverain absolu et indépendant. Peut-être que, semblables aux anciens barons goths, ils voudront conserver leur indépendance mutuelle ; mais il s'élèvera bientôt entre eux des disputes et des animosités, qui répandront dans la nation un trouble et une confusion plus insupportables, peut-être, que le gouvernement le plus despotique. Dans les pays, au contraire, où le luxe anime le commerce et l'industrie, les paysans s'enrichissent par la culture de la terre, et cessent d'être esclaves. On voit paraître en même temps des marchands et des négociants, qui forment une classe mitoyenne et nouvelle dans la société, et qui devenus, par les profits de leur commerce, propriétaires de quelques portions de terre, acquièrent de la considération et de l'autorité parmi leurs concitoyens, et deviennent, par la succession des temps, la base la plus solide et la plus durable de la liberté publique. Cette classe de citoyens, mitoyenne entre les grands propriétaires et les cultivateurs, ne se soumet pas à l'esclavage, comme le pauvre paysan, que l'indigence et le peu d'élévation d'esprit y entraînent ; et, se sentant d'ailleurs trop faible pour pouvoir exercer sur les cultivateurs la même autorité que les barons, elle n'a aucun intérêt à se soumettre à la tyrannie de leur souverain ; cette classe ne désire que le maintien et la conservation des lois qui assurent la propriété, et la mettent à l'abri de la tyrannie, soit monarchique, soit aristocratique. La Chambre des communes est le plus solide appui de notre gouvernement populaire ; et tout le monde convient qu'elle n'a acquis son crédit et son pouvoir, que par l'accroissement du commerce qui a fait passer une grande partie de la propriété des terres entre les mains des communes. Il y a donc une contradiction manifeste dans les déclamations contre le luxe et la perfection des arts, et c'est une erreur évidente que de les représenter comme le poison destructeur de la liberté et de l'amour de la patrie.

 

            Les hommes sont portés naturellement à critiquer leurs contemporains, à blâmer les mœurs et les usages du temps présent, et à exalter les vertus réelles ou prétendues de leurs ancêtres. Les écrits des siècles éclairés et policés étant les seuls qui passent à la postérité, il n'est pas étonnant que nous trouvions dans les auteurs les plus (30) estimés un grand nombre d'arrêts sévères prononcés, non seulement contre le luxe, mais même contre les sciences : le respect qu'on nous inspire pour ces auteurs éclairés, joint à l'inclination naturelle à tous les hommes de censurer leurs concitoyens, nous fait adopter leurs sentiments; il serait cependant facile de détruire cette erreur, et de rendre un jugement impartial, en faisant la comparaison de quelques peuples contemporains, dont on mettrait les mœurs en opposition. On ne peut, en effet, s'empêcher de reconnaître que la trahison et la cruauté, les plus détestables de tous les vices, semblent être particulièrement affectés aux nations sans police et sans luxe. Les Grecs et les Romains, les plus civilisés de tous les peuples de l'antiquité, en faisaient le reproche à toutes les nations barbares dont ils étaient environnés; ils ne pouvaient ignorer cependant que leurs ancêtres, dont ils se plaisaient à vanter les vertus, étaient barbares avant d'avoir été civilisés; qu'ils avaient par conséquent été assujettis aux mêmes vices, et aussi inférieurs à leurs descendants par les sentiments d'honneur et d'humanité, que par leurs connaissances dans les sciences et dans les arts. On fera tels éloges qu'on voudra des anciens Francs et des anciens Saxons, je croirai toujours ma fortune et ma vie moins en sûreté entre les mains d'un Maure et d'un Tartare, qu'entre celles d'un Anglais ou d'un Français, élevés l'un et l'autre dans leur patrie, c'est-à-dire, chez les peuples les plus policés du monde connu.

 

            Il me reste maintenant à expliquer la seconde proposition que j'ai avancée au commencement de cet Essai, c'est-à-dire que le luxe cesse d'être avantageux au public, lorsqu'il n'est plus modéré, et que dans ce cas, quoiqu'il ne soit pas la qualité la plus nuisible à la société, il y apporte cependant un mal réel.

 

            Ce qu'on ajoute aux simples nécessités de la vie, les recherches et les délicatesses qu'on apporte dans les plaisirs permis, sont un luxe ; mais ce luxe, innocent en lui-même, est cependant dangereux, et peut même être regardé comme un vice, lorsqu'il absorbe toute la dépense d'un citoyen et le met hors d'état de remplir les devoirs que sa fortune et son état exigent de lui. Supposons qu'un père de famille, vivant dans les bornes de sa condition, au lieu d'employer tout son revenu à des dépenses de faste et de plaisir, le partage avec ses enfants, auxquels il donne une excellente éducation, avec ses amis qu'il aide dans leurs besoins, et avec les pauvres qu'il secourt dans leurs nécessités, il n'en résultera certainement aucun préjudice pour la société, il s'y fera au contraire la même consommation. La portion de travail qui n'aurait été utile qu'aux plaisirs d'un seul homme, sera employée au soulagement de cent malheureux. La même somme d'argent, dépensée pour forcer la nature et faire manger à un homme sensuel des fruits parvenus à leur maturité avant la saison qui leur est propre, peut faire (31) subsister une famille entière durant six mois de l'année, Ceux qui soutiennent que le peuple serait oisif et sans travail, si un luxe vicieux  et outré ne lui fournissait de l'occupation, peuvent avancer également que le luxe est un remède contre la paresse, l'amour-propre, le peu d'humanité, la dureté de cœur, et autres semblables défauts qui paraissent malheureusement attachés et inséparables de la nature humaine. On peut en ce cas comparer le luxe à ces poisons dont la médecine fait usage, et qui deviennent remèdes entre ses mains. Mais, pour me servir de la même comparaison, la vertu est dans tous les cas préférable à ce qui n'a même que l'apparence du vice, par la même raison que les aliments sains auront toujours la préférence sur les poisons, quelque corrigés et adoucis qu'on puisse les supposer.

 

            Personne ne peut s'empêcher de reconnaître qu'il est dans la puissance de Dieu de rendre le peuple de la Grande-Bretagne plus heureux, soit par une réforme entière des mœurs et du caractère des hommes, soit en leur prescrivant des lois, dont il ne leur serait pas possible de s'écarter. Comme la terre peut toujours nourrir plus d'habitants qu'elle n'en contient, ceux que nous imaginons dans cette république utopienne, ne seraient assujettis qu'aux infirmités du corps, qui ne font pas la moitié des misères humaines. Pour les autres maux dont les hommes sont affligés, ils ont leur source dans nos vices, ou dans ceux des autres, et même plusieurs de nos maladies n'ont pas d'autre origine. Les hommes seraient heureux, et à l'abri de tous les maux, si les vices pouvaient être bannis de dessus la terre et en disparaître pour toujours. Je dis tous les vices, car on ne pourrait en garder quelques-uns, sans rendre la condition humaine plus malheureuse qu'elle ne l'était auparavant; en bannissant le luxe vicieux, et en laissant parmi les hommes la paresse et une indifférence générale pour le bien de la société, l'industrie diminuera dans l'État, et on ne doit pas s'attendre que la charité et la générosité le dédommagent de cette perte. Contentons-nous d'assurer que deux vices opposés peuvent être moins nuisibles dans un État, lorsqu'ils y sont réunis, que ne le serait l’un des deux s'il y était seul ; mais ne soutenons jamais qu'un vice peut être avantageux par lui-même. Un auteur qui avance, dans un endroit de son ouvrage, que les politiques ont inventé les distinctions morales pour l'intérêt public, et qui soutient, dans un autre, que le vice est avantageux au public, se contredit évidemment; en effet, dans quelque (32) système de morale que ce puisse être, il y a au moins une contradiction dans les termes, lorsqu'on soutient qu'un vice peut en général être avantageux à la société. Ce raisonnement m'a paru nécessaire pour éclaircir une question philosophique sur laquelle on a beaucoup disputé en Angleterre. Je l'appelle question philosophique, et non pas politique; car, quelle que puisse être la conséquence du changement que le souverain législateur est le maître d'opérer dans le genre humain, en gratifiant les hommes de toutes les vertus, et les délivrant de toute espèce de vices, le magistrat, qui ne s'occupe que des choses possibles, ne peut prendre aucun parti dans cette question. Il ne dépend pas de lui de mettre la vertu à la place du vice, mais il ne lui est pas impossible de guérir un vice par un autre ; et dans ce cas il doit préférer celui qui est le moins nuisible à la société. Le luxe excessif est la source de beaucoup de maux, mais il est en général préférable à la paresse et à l'oisiveté qui vraisemblablement prendraient sa place, et dont les conséquences sont plus préjudiciables aux particuliers et au public. Chez les nations où la paresse et l'oisiveté sont les vices dominants, les mœurs sont basses et grossières dans toutes les classes du peuple; les hommes n'ont ni plaisirs ni société entre eux; et, si le souverain a besoin du service de ses sujets, le travail de l'État ne pouvant fournir de subsistance qu'à la classe des laboureurs, il se trouve hors d'état de récompenser ceux qui sont employés pour le public.

 

 

 

 

 

 

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