Mes cours de philosophie. Ordre ou désordre? Maryse Emel

L'antiphilosophie risque, par sa stérilisation et le tarissement à la source, de fabriquer une génération d'abrutis manipulables et parfaitement dociles, incapables non seulement de réagir, mais de comprendre l'enjeu" V.Jankelevitch

liberté,savoir,Etat

Publié le 24 Mai 2011 par maryse.emel in la liberté

à partir de l'étude d'un texte de Hegel...

 

Dans le domaine spirituel, l'homme recherche la satisfaction et la liberté dans le vouloir et le savoir, dans les connaissances et les actions. L'ignorant n'est pas libre, parce qu'il se trouve en présence d'un monde qui est au-dessus et en dehors de lui, dont il dépend, sans que ce monde étranger soit son oeuvre et qu'il s'y sente comme chez lui. La recherche du savoir, l'aspiration à la connaissance, depuis le degré le plus bas jusqu'au niveau le plus élevé, n'ont pour source que ce besoin irrésistible de sortir de cet état de non-liberté, pour s'approprier le monde par la représentation et la pensée. D'autre part, la liberté dans l'action consiste à se conformer à la raison qui exige que la volonté devienne réalité. Cette réalisation de la volonté, conformément aux exigences de la raison, s'effectue dans l'État. Dans un État organisé conformément aux exigences de la raison, toutes les lois et institutions ne sont que des réalisations de la volonté, d'après ses déterminations les plus essentielles. Lorsqu'il en est ainsi, la raison individuelle ne trouve dans ces institutions que la réalisation de sa propre essence, et lorsqu'elle obéit à ces lois, elle n'obéit en définitive qu'à elle-même. On confond souvent la liberté avec l'arbitraire ; mais l'arbitraire n'est qu'une liberté irrationnelle, les choix et les décisions qu'il provoque étant dictés, non par la volonté raisonnable, mais par des impulsions accidentelles, par des mobiles sensibles extérieurs. HEGEL, Esthétique, 1835

 

ce texte présente deux figures de la liberté: la liberté obtenue par le savoir et la liberté sur le plan politique...la liberté ne saurait enfin petre confondue avec l'arbitraire comme le montrera la dernière partie du texte.

commençons par la première figure de la liberté. L'ignorance est extériorité au monde, une extériorité qui finit par dominer l'homme et l"asservir à de fausses croyances telles les superstitions....

Extérieur il ne se reconnaît pas dans ce monde qu'il n'a pas fait, ce monde lui est étranger....

ceci n'est pas sans rappeler l'inquiétante étrangeté dont parlera Freud ou encore l'aliénation que définira Marx.

. C'est précisément dans le fait d'élaborer le monde objectif que l'homme commence donc à faire réellement ses preuves d'être générique. Cette production est sa vie générique active. Grâce à cette production, la nature apparaît comme son œuvre et sa réalité. L'objet du travail est donc l'objectivation de la vie générique de l'homme : car celui-ci ne se double pas lui-même d'une façon seulement intellectuelle, comme c'est le cas dans la conscience, mais activement, réellement, et il se contemple donc lui-même dans un monde qu'il a créé. Donc, tandis que le travail aliéné arrache à l'homme l'objet de la production, il lui arrache sa vie générique, sa véritable objectivité générique, et il transforme l'avantage que l'homme a sur l'animal en ce désavantage que son corps non organique, la nature, lui est dérobé.

De même, en dégradant au rang de moyen l'activité propre, la libre activité, le travail aliéné fait de la vie générique de l'homme le moyen de son existence physique.

Marx, Manuscrit de 1844

 . 

Ainsi la liberté peut se définir comme émancipation à l'égard de l'étrangeté de ce monde..En d'autres termes la liberté dans ce texte passe par la connaissance,  c'est à dire la libération à l'égard de toute soumission intellectuelle. Il ne s'agit pas seulement de se mefier des préjugés. Ce texte de Hegel va plus loin...il s'agit de faire sien tout savoir réfléchi. Il ne s'agit pas d'apprendre par coeur mais d'intérioriser ce savoir afin qu'il ne soit plus extérieur et me réduise ainsi au statut d'aliéné. le vrai savoir n'est pas une collection de pierres dans un jardin ...le savoir est dans un rapport organique avec mon esprit...D'une certaine façon lui et moi ne faisons qu"un.

Tant que le savoir demeurera dans un rapport extérieur à moi je ne pourrai pas accéder à une véritable liberté intellectuelle, définie dans ce texte comme appropriation du monde..

en d'autre terme il ne s'agit pas d'apprendre, il faut comprendre.....

Il y a une similtude avec le travail: de même qu'il faut se reconnapitre dans l'oeuvre produite, de même faut-il se reconnaître dans le savoir acquis. la liberté est acte d'appropriation (position finalement très libérale de Hegel) de ce savoir qui en se mêlant à moi perd sa dimension extérieure et finalement aliénante.

Il en va différemment de la liberté au niveau de l'&ction. " la liberté dans l'action consiste à se conformer à la raison qui exige que la volonté devienne réalité". Hegel tente ici de résoudre le paradoxe qui consiste à opposer liberté et contrainte, puisqu'il va montrer que les lois et institutions auxquelles nous nous soumettons ne sont rien d'autre que l'émanation de notre volonté, et qu'aini n'obéissant  qu'à nous-mêmes nous sommes fondamentalement libres. Cette position semble rejoindre le concept d'obligation de ROusseau, cependnat il n'en est rien car ka volonté dans ce texte de Hegel se présente comme individuelle et nullement générale.

Ainsi l'ndividu se maintient dans sa singularité en obéissant aux lois et institutions, ces dernières se donnant comme réalisation rationnelle de ma volonté...volonté individuelle et nullement générale...

C'est la raison précise Hegel qui exige que la volonté devienne réalité, qu'elle se manifeste donc dans des oeuvres et n'en reste pas au niveau de la velléité,c'est à dire du simple souhait.

la liberté se manifeste ici dans son extériorisation. A la différence du moment de la connaissance qui est moment d'intériorisation, le moment de l'action est moment d'éxtériorisation. La volonté apparaît en accord avec la raison. Ainsi Hegel rejoint-il d'une certaine façon la définiion que Descartes donnera de l'être généreux, l'homme moral dont la liberté ne saurait entrer en conradiction avec le savoir et la rationalité. Cependant Hegel va plus loin lorsqu'il montre la réconciliation dans l'Etat de l'individu et le l'universel, l'individu gagnant sa liberté individuelle par la compréhension que son obéissance à l'Etat est obéissance à des institutions rationnelles, et donc à la raison, c'est à dire à lui-même. Nul besoin dans une telle conception du détour par l'hypothèse de la volonté générale, puisque l'individu médiatise ce passage de l'universel au singulier.

la fin du texte conclut en reprécisant le sens de cette liberté qui ne saurait être confondue avec la notion d'arbitraire. Ce n'est pas parce que Hegel sauve le sigularité par l'unversel, qu'il faut croire que cette singularité se confond avec la particularité égoïste. La liberté n'est pas capricieuse.Elle est arbitraire et capricieuse lorsqu'elle se soumet à des déterminations extérieures. On rejoint là tout ce que hegel avait mis en place dans la première partie du texte. Se maintenir dans l'extériorité c'est en rester à un rapport d'étrangeté, d'aliénation, de non-lberté ...Ansi celui qui agit arbitrairement est-il soumis, comme le disait déjà Spinoza à des causes qu'il ignore, des passions qui l"affectent...

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