Mes cours de philosophie. Ordre ou désordre? Maryse Emel

L'antiphilosophie risque, par sa stérilisation et le tarissement à la source, de fabriquer une génération d'abrutis manipulables et parfaitement dociles, incapables non seulement de réagir, mais de comprendre l'enjeu" V.Jankelevitch

pardon ou justice

Publié le 3 Avril 2012 par maryse.emel in justice

Une phrase a retenu mon attention dans ce film qui est celle de comprendre s'il faut pardonner ou rendre la justice?

Ainsi tout peut-il être pardonné ou faut-il mettre une limite, poser un impardonnable pour que l'humanité ne soit pas un mot vide de sens?

Pardonner c'est rendre quitte d'une dette. Cela implique un rapport à deux entre la victime et celui qui lui a porté préjudice. A ce titre il y a une proximité entre le pardon et la vengeance.

La justice a pour tâche de permettre à l'auteur d'un acte répréhensible de symboliser son acte, c'est à dire de le formaliser, à travers les mots et la sanction qui sera donnée. Elle lui permet de se réapproprier l'humain. Dans le film 38 Témoins le héros veut parler dabord pour retrouver son être, perdu par son acte silencieux, le renoncement lâche au témoignage. Ainsi le droit et la justice ont-ils pour vocation de se réapproprier l'humain, ce que ne peut faire le pardon. Le pardon ne peut réactiver la limite indépassable de l'Interdit fondateur du groupe social. Ainsi l'impardonnable est-il la limite qui permet l'institution de la justice. Avant de penser le pardon il est nécessaire de penser l'impardonnable.

 

Le pardon n'est pas l'oubli. Il implique un autre regard sur l'autre, une ouverture.


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