Mes cours de philosophie. Ordre ou désordre? Maryse Emel

L'antiphilosophie risque, par sa stérilisation et le tarissement à la source, de fabriquer une génération d'abrutis manipulables et parfaitement dociles, incapables non seulement de réagir, mais de comprendre l'enjeu" V.Jankelevitch

Rousseau: quelques explications de textes du Second Discours

Publié par maryse.emel in Rousseau Second Discours

"Ces hommes qui vivent entre eux comme les lions et les ours, comme les tigres et les crocodiles, il ne faut pas former le projet chimérique d’en faire d’honnêtes gens. »
Dernière réponse aux objections du « Premier discours »

 

« Il faut de la poudre à nos perruques. Voilà pourquoi tant de pauvres n’ont pas de pain. »
Discours sur les sciences et les arts

 

 

 

 

 

 

1.La distinction entre l’homme et l’animal

 

 

   Je ne vois dans tout animal qu'une machine ingénieuse, à qui la nature a donné des sens pour se remonter elle-même, et pour se garantir, jusqu'à un certain point, de tout ce qui tend à la détruire, ou à la déranger. J'aperçois précisément les mêmes choses dans la machine humaine, avec cette différence que la nature seule fait tout dans les opérations de la bête, au lieu que l'homme concourt aux siennes, en qualité d'agent libre. L'un choisit ou rejette par instinct, et l'autre par un acte de liberté ; ce qui fait que la bête ne peut s'écarter de la règle qui lui est prescrite, même quand il lui serait avantageux de le faire, et que l'homme s'en écarte souvent à son préjudice. C'est ainsi qu'un pigeon mourrait de faim près d'un bassin rempli des meilleures viandes, et un chat sur des tas de fruits, ou de grain, quoique l'un et l'autre pût très bien se nourrir de l'aliment qu'il dédaigne, s'il s'était avisé d'en essayer. C'est ainsi que les hommes dissolus se livrent à des excès, qui leur causent la fièvre et la mort ; parce que l'esprit déprave les sens, et que la volonté parle encore, quand la nature se tait.

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité entre les hommes (1755), première partie.

Une lecture immédiate et trop rapide du texte donnerait à penser que Rousseau s’en tient à une simple distinction de l’homme et de l’animal. En fait, ce texte est beaucoup plus complexe qu’il ne le parait. Rousseau cherche à fonder cette distinction sur la liberté dans le but de montrer que seul l’homme a une destination morale - même si bien souvent il fait le contraire. Le projet de Rousseau est donc de montrer que l’homme seul est responsable de son inhumanité : ni Dieu, ni la nature ne sont en cause. Ainsi si l’homme chute dans le mal, ce n’est qu’un effet pervers de sa liberté, de sa raison, de sa volonté. Le texte commence par une définition de l’animal, « une machine ingénieuse », une définition qui permet de mieux cerner ce qu’est l’homme, « une machine humaine ».

Dans un deuxième moment, Rousseau montre en quoi consiste la liberté humaine : s’écarter de la nature, créer un espace de jeux qui permettra à l’homme de survivre dans toutes les circonstances à la différence de l’animal pris au piège de la nécessité de ses instinsts.

Ce texte s’achève sur les conséquences morales de cette liberté. L’homme seul peut engendrer l’inhumain, aucune solution individuelle à ce problème, la solution ne peut être que collective, ce sera le Contrat social.

 

I- L’animal, une machine ingénieuse, l’homme une machine humaine.

 

C’est avec Descartes que dialogue ce début de texte. Descartes rappelons-le, définissait le corps de l’homme comme une machine. Il faut comprendre par là que le corps est soumis à des lois nécessaires et ces lois relèvent de la mécanique, d’où le mot machine. A ces lois de la mécanique, nul ne peut échapper, elles sont nécessaires ; l’animal estl qualifié de machine ingénieuse, dotée d'un certain esprit d'invention, même s'il est limité. Inventer n'est pas créer au sens où l'invention produit du neuf sans sortir de l'univers de la production mécanique qui est le sien, alors que la création sort de la logique des moyens. Notons ainsi que Rousseau ne reprend pas complètement Descartes dans la mesure aussi où n’y a chez lui aucune finalité à l’œuvre : la machine fonctionne en parfaite autonomie. Pas besoin de Dieu au point de départ. Rousseau met ainsi en place une première rupture avec Descartes. Ce texte ne sera d’ailleurs qu’une série de ruptures. Le libre-arbitre de Rousseau n’est pas le libre-arbitre de Descartes.

L’homme n’est donc pas qu’une simple machine animale, il n’est pas simplement soumis à la nécessité des lois de la nature. Il est celui qui introduit de la contingence dans un monde gouverné par des lois nécessaires. Cette contingence prend ici le nom de liberté. C’est pourquoi la machine qu’est l’homme n’est pas ingénieuse mais humaine. Notons en passant que pour fonder ces propos Rousseau s’appuie exclusivement sur la vision : « je ne vois,  « j’aperçois ». Méthode de la réhabilitation des sens qui éloigne un fois de plus Rousseau de Descartes.

 

II- Un homme libre

 

Qu'en est-il de cette liberté dont nous parle Rousseau ? Elle s’oppose d’abord au monde de l’instinct. L’instinct est donné à l’animal, il ne le choisit pas, il est inné. C’est une règle naturelle à laquelle il ne saurait se soustraire : l’animal est dans l’instinct, ne le réfléchit pas, ne s'en distancie pas, le vit. L’homme au contraire est agent libre. Il est intéressant de voir la définition que rousseau donne de la liberté. Il la définit comme écart vis-à-vis de la règle. La liberté est d’abords désobéissance, étonnante définition que celle-ci ! Moment finalement très négatif, liberté d’indépendance pourrait-on dire. L’homme poursuit d’abords ses intérêts, ce qui lui est « avantageux ». L’animal au contraire n’a nullement conscience de ce qui relève de l’utile puisque ce sont les instincts qui le guident. Cette liberté d’indépendance ouvre la voie à des mauvais choix. L’homme seul est capable de s’égarer et de commettre des actes préjudiciables aux autres. Seule la vie sociale humaine pose problème. Ce qui manque donc à la liberté d’indépendance- et cette question ne se pose pas pour l’animal - c’est une garantie morale. C’est cette liberté qui sera cause de conflits violents entre les hommes, ce que Hobbes appellera «  la guerre de tous contre tous ». Pour approfondir son argumentation Rousseau s’appuie sur deux exemples : le pigeon, et la chat, deux espèces différentes selon la classification de Buffon, à laquelle Rousseau n’est pas étranger : le chat mange l’oiseau, mais la morale de l’histoire ici, comme dans les fables de La Fontaine, c’est que l’on soit faible ou puissant, dans le règne animal, l’instinct ramène tout les animaux à égalité dans leur incapacité à s’écarter de la règle ( une des conséquences de cette affirmation, c’est que l’art est impossible pour l’animal si l’on pose l’art comme écart vis-à-vis de la règle, ou vis-à-vis de la nature, comme le conceptualisera Diderot dans le Paradoxe sur le comédien.)

 

III- Une liberté dangereuse

 

C’est elle qui conduit les hommes à tous les excès, l’excès étant la figure du mal dans toute la tradition philosophique. La notion de MAL surgit à la fin du texte sous forme de maladie (la fièvre et la mort). Le mal moral c’est la chute dans la maladie, chute dont seuls les hommes sont responsables. Rousseau n’écrit pas une théodicée comme le fit Leibniz (le Pangloss de Voltaire). Si mal il y a, le responsable en est l’homme. Ce mal, cette maladie attend son remède. Ce dernier n’est pas dans la raison, ni dans un bon usage de la volonté ( la générosité de Descartes), le texte ne nous en dit rien. Ce que l’on comprend toutefois, c’est que l’individu seul ne peut trouver la solution, il va donc lui falloir composer avec les autres. On ne retrouvera la santé que collectivement dans un régime politique où la liberté aura sa place centrale puisqu’elle fonde notre différence avec l’animal. Opposition à Hobbes, mais aussi opposition à Machiavel. La politique doit sauver la liberté et la morale, ce sera le projet du Contrat social.

 

 

2. Le langage


Thèse de Rousseau dans Essai sur l'origine des langues:

« Il est donc à croire que les besoins dictèrent les premiers gestes, et que les passions arrachèrent les premières voix. En suivant avec ces distinctions la trace des faits, peut-être faudrait-il raisonner sur l'origine des langues tout autrement qu'on n'a fait jusqu'ici. Le génie des langues orientales, les plus anciennes qui nous soient connues, dément absolument la marche didactique qu'on imagine dans leur composition. Ces langues n'ont rien de méthodique et de raisonné ; elles sont vives et figurées. On nous fait du langage des premiers hommes des langues de géomètres, et nous voyons que ce furent des langues de poètes.

 

Cela dut être. On ne commença pas par raisonner, mais par sentir. On prétend que les hommes inventèrent la parole pour exprimer leurs besoins ; cette opinion me paraît insoutenable. L'effet naturel des premiers besoins fut d'écarter les hommes et non de les rapprocher. Il le fallait ainsi pour que l'espèce vînt à s'étendre, et que la terre se peuplât promptement ; sans quoi le genre humain se fût entassé dans un coin du monde, et tout le reste fût demeuré désert.

 

De cela seul il suit avec évidence que l'origine des langues n'est point due aux premiers besoins des hommes ; il serait absurde que de la cause qui les écarte vînt le moyen qui les unit. D'où peut donc venir cette origine ? Des besoins moraux, des passions. Toutes les passions rapprochent les hommes que la nécessité de chercher à vivre force à se fuir. Ce n'est ni la faim, ni la soif, mais l'amour, la haine, la pitié, la colère, qui leur ont arraché les pre­mières voix. Les fruits ne se dérobent point à nos mains, on peut s'en nourrir sans parler ; on poursuit en silence la proie dont on veut se repaître : mais pour émouvoir un jeune cœur, pour repousser un agresseur injuste, la nature dicte des accents, des cris, des plaintes. Voilà les plus anciens mots inventés, et voilà pourquoi les premières langues furent chantantes et passion­nées avant d'être simples et méthodiques. »

 

      3 "les idées générales

 


"D'ailleurs, les idées générales ne peuvent s'introduire dans l'esprit qu'à l'aide des mots, et l'entendemcnt ne les saisit que par des propositions. C'est une des raisons pour quoi les animaux ne sauraient se former de telles idées, ni jamais acquérir la perfectibilité qui en dépend. Quand un singe va sans hésiter d'une noix à l'autre, pense-t-on qu'il ait l'idée générale de cette sorte de fruit, et qu'il compare son archétype à ces deux individus ? Non sans doute ; mais la vue de l'une de ces noix rappelle à sa mémoire les sensations qu'il a reçues de l'autre, et ses yeux, modifiés d'une certaine manière, annoncent à son goût la modification qu'il va recevoir. Toute idée générale est purement intellectuelle ; pour peu que l'imagination s'en mêle, l'idée devient aussitôt particulière. Essayez de vous tracer l'image d'un arbre en général, jamais vous n'en viendrez à bout, malgré vous il faudra le voir petit ou grand, rare ou touffu, clair ou foncé, et s'il dépendait de vous de n'y voir que ce qui se trouve en tout arbre, cette image ne ressemblerait plus à un arbre. Les êtres purement abstraits se voient de même, ou ne se conçoivent que par le discours. La définition seule du triangle nous en donne la véritable idée : sitôt que vous en figurez un dans votre esprit, c'est un tel triangle et non pas un autre, et vous ne pouvez éviter d'en rendre les lignes sensibles ou le plan coloré.

"Il faut donc énoncer des propositions, il faut donc parler pour avoir des idées générales car sitôt que l'imagination s'arrête, l'esprit ne marche plus qu'à l'aide du discours. Si donc les premiers inventeurs n'ont pu donner des noms qu'aux idées qu'ils avaient déjà, il s'ensuit que les premiers substantifs n'ont pu jamais être que des noms propres.

 

Dans ce texte Rousseau présente l'origine du langage conceptuel, "les idées générales", ou encore langage produit par la raison. Pour construire son argumentation il prend appui sur trois exemples (qui permettent d'aiguiser le jugement selon Kant). Il y a une progression dans ces trois exemples qu'il convirendra de prendre en compte. Les idées générales sont produites par et à travers les mots. C'est pourquoi les animaux et en l'occurence les singes, en sont incapables (tout à la fois proches et éloignés des hommes puisqu'ils n'acquièrent pas la perfectibilité propre exclusivement à l'homme - perfectibilité n'étant pas à confondre avec perfection car elle s'associera à une dégradation morale de l'humanité). Les animaux sont pris dans la sensibilité et l'immédiateté même s'ils sont cependant capables de quelques associations, liées à une mémoire des sens. Mais cette mémoire n'est nullement celle de la raison même si cette dernière s'y enracinera  chez l'homme pour peu à peu s'en émanciper, er ceci du fait de la perfectibilité humaine. Les quelques notions sensibles produites par les singes dans cet exemple de Rousseau se rattachent en outre à la nécessité du besoin (manger) et nullement à un désir de penser ou jouer. Ainsi les animaux -au même titre que l'homme naturel sont-ils pris dans la sensibilité, et le particulier, même s'ils sont capables de quelques déductions, ces dernières ne renvoyant d'ailleurs qu'à une mémoire sensitive ( l'objet vu déclenche la  sensation du goût: on est dans le domaine mécanique du réflexe). Le mot au début renvoie à un objet, une chose...non par un travail de classification par genre de la mémoire, mais du fait d'un usage qui renvoie à la nécessité de satisfaire un besoin, celui de manger, besoin qui renvoie à la notion de survie. Les mots semblent ainsi tirer leur origine des besoins. Il s'agit des mots articulés et non des premières voix de la nature que Rousseau qualifiera de poétique, issues des passions, les besoins écartant les hommes au lieu de les rapprocher. Le langage articulé nous  a rapprochés et sortis de la nature. 

La progression de la raison va peu à peu nous éloigner de la sensibilité et de l'immédiateté du premier langage, utilitaire, qui désigne pour agir (voir ce que dit Bergson sur les mots-étiquettes). La raison classe (voir à ce propos les travaux contemporains de Buffon sur les sciences naturelles). Plus la raison prend de l'ampleur plus les mots ne renvoient qu'à eux-mêmes dans une sorte d'appauvrissement de la sensation, disparition d'un rapport direct à la chose, au point que les mots se créent leur propre monde, celui des idées générales, ou abstraites. Ainsi glisse-t-on de l"expérience particulière de cet arbre, à l'idée d'arbre qui ne conserve de cet arbre que les déterminations propres à tous les arbres. La rationalisation permet la science...et perd la poésie. (cf Bachelard à ce propos:
"La poésie est une métaphysique instantanée. En un court poème, elle doit donner une vision de l'univers et le secret d'une âme, un être et des objets, tout à la fois. Si elle suit simplement le temps de la vie, elle est moins que la vie ; elle ne peut être plus que la vie qu'en immobilisant la vie, qu'en vivant sur place la dialectique des joies et des peines. Elle est alors le principe d'une simultanéité essentielle où l'être le plus dispersé, le plus désuni, conquiert son unité. Tandis que toutes les autres expériences métaphysiques sont préparées en d'interminables avant-propos, la poésie refuse les préambules, les principes, les méthodes, les preuves. Elle refuse le doute. Tout au plus a-t-elle besoin d'un prélude de silence."

[Gaston Bachelard, "Instant poétique et instant métaphysique ", in Le Droit de rêver, Paris : PUF, 1970, p. 224] ).

C'est pourquoi le dernier exemple de Rousseau sera celui du triangle, objet géométrique, ne renvoyant qu'à lui-même, puisqu'il n'existe pas de triangle dans la nature. Cependant la raison va produire la nécessité de recourir au soutien de l'imagination, à la production d'images, à ce "supplément" dont parle Derrida...Il y a paradoxalement une certaine impuissance de la raison à toucher les choses mêmes.

Les noms propres furent ainsi les premiers mots dans la mesure où ils renvoient au particulier...mais cela nous apprend aussi par l'usage  du terme "propre", que l'idée de propriété est inscrite dans  le langage même, et qu'on ne peut y échapper...comme on n'échappe pas à l'amour-PROPRE, dégradation de l'amour de soi. Cela permet de comprendre pourquoi Rousseau ne rejettera pas l'idée de propriété, car inscrite en l'homme social.

Ainsi ce texte présente-t-il des enjeux politiques.

 

Ce que l’homme perd par le contrat social, c’est sa liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qui le tente et qu’il peut atteindre ; ce qu’il gagne, c’est la liberté civile et la propriété de tout ce qu’il possède" Contrat Social, I,8

 


 

 

 

 

mise en perspective avec la thèse sensualiste de CONDILLLAC:

 

Qu'est-ce au fond que la réalité qu'une idée générale et abstraite a dans notre esprit? Ce n'est qu'un nom ; ou si elle est quelque autre chose, elle cesse nécessairement d'être abstraite et générale.

Quand, par exemple, je pense à homme, je puis ne considérer dans ce mot qu'une dénomination commune ; auquel cas il est bien évident que mon idée est en quelque sorte circonscrite dans ce nom, qu'elle ne s'étend à rien au-delà, et que, par conséquent, elle n'est que ce nom même.

Si, au contraire, en pensant à homme, je considère dans ce mot quelque autre chose qu'une dénomination, c'est qu'en effet je me repré­sente un homme ; et un homme, dans mon esprit comme dans la nature, ne saurait être l'homme abstrait et général.

Les idées abstraites ne sont donc que des dénominations.Si nous voulions absolument y supposer autre chose, nous ressemblerions à un peintre qui s'obstinerait à vouloir peindre l'homme en général, et qui cependant ne peindrait jamais que des individus.

Cette observation sur les idées abstraites et générales démontre que leur clarté et leur précision dépendent uniquement de l'ordre dans lequel nous avons fait les dénominations des classes, et que, par conséquent, pour déterminer ces sortes d'idées, il n'y a qu'un moyen, c'est de bien faire la langue.

Elle confirme ce que nous avons déjà démontré, combien les mots nous sont nécessaires : car, si nous n'avions point de dénominations, nous n'aurions point d'idées abstraites ; si nous n'avions point d'idées abstraites, nous n'aurions ni genres ni espèces ; et si nous n'avions ni genres ni espèces, nous ne pourrions raisonner sur rien. Or, si nous ne raisonnons qu'avec le secours de ces dénominations, c'est une nouvelle preuve que nous ne raisonnons bien ou mal que parce que notre langue est bien ou mal faite. L'analyse ne nous apprendra donc à raisonner qu'autant qu'en nous apprenant à déterminer les idées abstraites et générales, elle nous apprendra à bien faire notre langue ; et tout l'art de raisonner se réduit à l'art de bien parler.